Bernard Roth

Infolettre

Petit papier n°16

27 juin 2026 · Dacadi Hebdo n°136

Confusion à Ormuz : un document vieux de 61 ans

Bernard Roth Tania de Pornichet

Bien que nos renseignements soient aussi faux qu’avant la canicule, nous ne les garantissons toujours pas

— D’après Erik Satie

Confusion à Ormuz : un document vieux de 61 ans

Une enquête de notre envoyée spéciale à Versailles, la P.P. Pink Panther, envoyée spéciale de Dacadi au dîner du 17 juin 2026.

Après la soirée mémorable (de lapin) tenue au Château de Versailles, les spécialistes s'interrogent sur les zig-zags de la guerre ou de la Paix au Proche-Orient.

Tout commence par l'appel du 17 juin 2026 vers 23 h 30 lorsque, le Président Trump exige, de son Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères Marco Rubio un exemplaire du Memorandum Of Understanding (M.O.U.) adressé par les Iraniens.

Rubio (graphie) obtient de son homologue français Jean-Noël Barrot et devant les 35 convives, l'ensemble des brigades et serveurs de salle, les 200 policiers mobilisés, les membres du United States Secret Service, les 8 compagnies de CRS, le SDLP, le RAID et la garde républicaine, que l'ordre soit transmis instantanément aux 39 échelons hiérarchiques et aux chauffeurs des 60 véhicules du cortège, qui l'accompagnent ; le destinataire final, un certain Smith, cherche avec angoisse le document dans les papiers entassés au Grand Trianon, d'où il attend que lui soient livrés Mac Burgers, frites et Coca, en harmonie culinaire totale avec son Président.

Par chance, il trouve le document un peu froissé intitulé M.O.U. qui traine sur une petite table au milieu d'un tas de papiers.

Pas une seconde à perdre, le précieux document remonte les 39 échelons est doublement traduit puis est transmis à l'impatient Président.

Sur cette photo, gracieusement retransmise par Panther GPT, notre envoyée spéciale explique à The Boss que le document, traduit en anglais et en farsi,

اختصاصی تسنیم | یک منبع نزدیک به تیم مذاکره‌کننده به تسنیم: با پیگیری و پافشاری ایران، متن فارسی تفاهمنامه اسلام آباد میان ایران و آمریکا نیز به عنوان یک سند رسمی به امضای دو طرف آمریکا و ایران رسیده است

— خبرگزاری تسنیم (@Tasnimnews_Fa), 17 juin 2026

est en réalité le programme présidentiel éponyme de Pierre Dac (Mouvement Ondulatoire Unifié), c'est-à-dire le texte :

  • de février 1965, paru dans le numéro 47 de l'organe officiel du Parti d'en Rire « l'Os à Moëlle ».
  • voir Petit Papier n° 12 du 6 juin 2026, pour ceux qui suivent…
  • abandonné négligemment au Grand Trianon lors de travaux d'aménagement commandés par le Général de Gaulle, de 1963 à 1966, sur les conseils d'André Malraux.

Notre rose enquêtrice a pu établir que parmi les quelques deux cent cinquante artisans et ouvriers ayant réalisé cette réhabilitation, plusieurs d'entre eux, sans être tous militants du Parti d'en Rire, étaient de fidèles lecteurs, certains abonnés, à l'organe officiel du Parti, « l'Os à Moelle ».

Trop long et trop compliqué pour The Boss qui ne sait pas lire les textes sans image. Aussi affecte-t-il, comme pour les environ 300 décrets déjà publiés par ses soins à Washington, de le parcourir rapidement, puis le signe de sa virile et puissante écriture quasi automatique, sous les applaudissements de ses éminents voisins.

Comme, on peut le voir sur cet extrait… https://www.youtube.com/watch?v=U3-App2Hhdw

« On l'a trouvé en bas » (où il pense avoir compris que se trouve le Grand Trianon) « et immédiatement monté ici » explique-t-il alors en langage corporel, car, sous l'émotion, aucun de ses 800 mots de son vocabulaire ne lui est accessible.

En sortant, le Président Trump demande au Chef de l'Etat français, où se trouve exactement le Château de Versailles, par rapport à la grande salle de bal inspirée du projet de la Maison Blanche où ils ont diné.

Le Président Macron lui désigne aimablement d'un geste discret et précis qu'ils en viennent.

« C'est grand ! », déclare alors le Président Trump avant de se tourner vers les journalistes en annonçant : « Moi, The Boss des durs, J'ai signé le MOU »…

Les Iraniens ne sont en fait engagés à rien.

Comme c'était d'ailleurs le cas dans leur mémorandum officiel en 14 points.

Ce qu'avait prédit à plusieurs reprises l'historienne et politologue Nicole Bacharan.

Voir : https://www.instagram.com/reel/DX_kHd4Albx/

Soulignons, pour conclure provisoirement, que cette démarche américaine involontaire, en Trump-l'œil, est grandement facilitée par la profonde communauté de pensée entre le candidat Dac et l'auguste The Boss.

Qu'on en juge par la déclaration du premier en 1965 :

« Puisque c'est au cours des prochains mois que se dérouleront très probablement les événements des semaines suivantes, je forme l'espoir de profiter de cette période pour apporter les solutions que je préconise ».


Prologue déplacé

Un éminent juriste dacadien, nous adresse quelques extraits de la pensée juridique de Michel Audiard (suite).

Michel Audiard

Michel Audiard

Extraits de la semaine

Le droit social

  • Les salariés sont les êtres les plus vulnérables du monde capitaliste : ce sont des chômeurs en puissance.
  • J'dis pas que Louis était toujours social, non, il avait l'esprit de droite. Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t'aies fini.
  • Chez le père Casta, y a pas de chauffeur, y a pas de patron. Y a une grande famille. Chez nous, jamais d'histoire, jamais de grève ! Les syndicats, connais pas ! Quand un chauffeur veut un congé ou de l'augmentation, il vient me trouver, je l'écoute… et JE LE VIRE. Si on tolère les caprices, on tient pas huit jours.

À suivre…


Live and let die (part II)…

Un éminent dacadien de la première heure, accro au cocktail Vodka Martini, nous communique ce lien pour le générique : le générique de Live and Let Die

Vivre et laisser mourir… Aujourd'hui : Baptiste Morizot, Vinciane Despret et la culture du vivant.

Baptiste Morizot

Baptiste Morizot a eu pour directeur de thèse Pierre-François Moreau, spécialiste de Spinoza.

Une autre influence est celle des auteurs du « tournant ontologique » de l'anthropologie philosophique française, en particulier Bruno Latour et Philippe Descola.

Philosophe maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille, il a notamment publié chez Actes Sud « Sur la piste animale » en 2018.

Le pistage est une tentative pour comprendre le comportement d'animaux à partir de signes qu'ils ont laissés.

Baptiste Morizot propose de revoir la manière dont nous considérons nos relations avec les autres espèces.

L'homme doit apprendre à se détacher de la pensée narcissique de sa propre supériorité spirituelle et technique, qui le conduit à être complètement aveugle et sourd à l'égard du vivant. Les animaux ne devraient pas être considérés comme inférieurs ou supérieurs : « ils incarnent avant tout d'autres manières d'être vivant[]. »

En 2020 : « Manières d'être vivant ».

La fable

Une espèce fait sécession et proclame que les 10.000.000 d'autres espèces vivantes de la terre c'est de la nature, non pas des êtres, mais des choses ; non pas des acteurs, mais un décor, un « environnement » et peut-être surtout des ressources.

Une espèce d'un côté, 10.000.000 de l'autre, une seule famille : celle du vivant.

Cette incroyable fable est l'héritage de notre vision du monde.

C'est pourquoi nous avons d'abord une bataille culturelle à mener : resituer le vivant.

Peut-on apprendre à se sentir vivant et à s'aimer comme vivant ?

il nous décrit à cette occasion la relation entre l'humain et la faune sauvage au cours de l'histoire « à la fois » dit-il « des aliens et des parents » et il dialogue fructueusement avec la philosophe ethnologue belge Vinciane Despret, auteur de :

« Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ? » en 2012…

… « Habiter en oiseau » en 2019

« Autobiographie d'un poulpe » en 2021

La fragmentation par les constructions, les routes, l'artificialisation des terres grignotent de manière exponentielle les habitats des autres formes de la vie et les poussent tout contre nous.

Ce qui entraîne d'une part, des conflits et d'autre part, des risques sanitaires considérablement accrus. Les espèces vivantes deviennent minorités invisibles alors que ce sont elles qui fabriquent et permettent l'habitabilité de notre monde.

Le vivant n'est pas une cathédrale qui serait en train de tomber en ruine, c'est plutôt un feu puissant qui s'éteint. Mais il a une capacité de reprise et une inventivité absolument extraordinaire.

Baptiste Morizot propose d'envisager le vivant comme un ensemble de forces qui crée et recrée constamment l'habitabilité du monde.

Vinciane Despret pense les manières d'habiter le monde avec d'autres formes de vie, visibles ou invisibles, en brouillant les frontières entre nature, culture, science et deuil. À suivre…


Dacécoute : « Johnny, fais-moi mal » de Boris Vian par Magalie Noël. 1956

Magalie Noël — Boris Vian

https://www.dailymotion.com/video/x2v2lb8

L'enregistrement, dont les paroles sont jugées trop osées, est interdit de diffusion à la radio et à la télévision.

Blog de Bernard Roth — Tania de Pornichet

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