Bernard Roth

Infolettre

Petit papier n°17

4 juillet 2026 · Dacadi Hebdo n°137

Au coin du GORAFI

Bernard Roth Tania de Pornichet

Bien que nos renseignements soient faux, nous ne les garantissons toujours pas

— Erik Satie

Prologue

Au coin du GORAFI

Présidentielles 2027 : Les chances de votre voisin du 4è d’être élu ?

Comme 48 % des Français, votre voisin du dessus, Fabrice Vandel, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 au micro de France Inter, ce mardi 9 juin.

Plus connu comme « le gars du 4ème qui jette ses mégots de cigarette par le balcon », Fabrice croit en ses chances de battre le Rassemblement National au second tour du scrutin.

« Il n’a aucune connaissance en politique internationale, n’a jamais travaillé et pense que les mycoses sont des îles grecques, ce qui lui fait beaucoup de points communs avec Jordan Bardella », explique Amélie Cochet, politologue.


Autour de la harpe

Un inédit retrouvé à Figuerès

En 1936, Salvador Dalí rencontre Harpo Marx à Paris, lors d’une soirée, et c’est un coup de foudre intellectuel entre deux formes d’absurde.

Dalí admire le comique de Harpo comme une vraie poésie surréaliste.

Harpo apprécie immédiatement l’univers délirant du peintre.

De cette rencontre naît une amitié spectaculaire : Dalí envoie à Harpo une harpe extravagante, dont les cordes sont en fil de fer barbelé et les chevilles d’accord sont des cuillères, le tout enveloppé dans du cellophane.

Harpo était ravi et a envoyé à Dalí une photo de lui-même assis à la harpe, les doigts bandés.

Dalí ira même jusqu’à Hollywood pour le portraiturer, en imaginant des scènes aussi folles que Harpo avec une langouste sur la tête.

Cette rencontre débouche sur un projet de film surréaliste, Giraffes on Horseback Salad, conçu pour Harpo, mais jamais tourné. C’était une série de scènes sans lien tapotées au ruban bleu sur vingt-deux pages, avec diverses notes écrites à l’encre.

Groucho trouvait ça nul — ce n’était tout simplement pas drôle — et où étaient les gags ?

La MGM, qui avait un contrat d’exclusivité avec les Marx Brothers, le jugea trop surréaliste. (Il contient des scènes montrant des girafes en feu ou Harpo Marx capturant les « dix-huit plus petits nains de la ville » à l’aide d’un filet à papillons.)

Ce scénario, écrit en anglais, a été finalement découvert parmi les archives de Dalí et publié dans Harper’s Magazine en mai 1996.

Il appartient à la Fundació Gala-Salvador Dalí de Figueres, en Espagne.


Dacalu : « Philosophie de la vieillesse » de Bertrand Quentin

Bertrand Quentin invite à regarder l’âge avancé non comme une défaite silencieuse, mais comme une saison de la vie.

Où se révèlent, avec une intensité particulière, nos fragilités, nos peurs, nos résistances et notre vérité la plus nue. Loin des clichés qui enferment le grand âge dans le déclin ou l’édifient en sagesse de carte postale, il en propose une lecture nuancée, mobile, presque musicale.

La vieillesse est un territoire de métamorphoses
et non un simple naufrage.

L’être humain se défait de certaines illusions tout en découvrant d’autres formes de présence à soi et au monde. Vieillir, ce n’est pas seulement perdre du temps : c’est aussi apprendre à habiter autrement le temps qui reste.

Philosophe il est, entre autres, maître de conférences à l’université Gustave-Eiffel et responsable du master d’éthique médicale et hospitalière appliquée à la Salpêtrière.

Il a notamment publié

  • La Philosophie face au handicap (Érès, rééd. 2017)
  • Les Invalidés. Nouvelles réflexions philosophiques sur le handicap (Érès, 2019).

Bertrand Quentin répond à « À quoi sert un vieux ? » en montrant que les vieux sont des endurants révélateurs de nos tempéraments.

À rapprocher de « La seconde vie » du philosophe François Jullien.

François Jullien y propose une transformation silencieuse de la vie, une « seconde vie » qui n’est pas un âge mais un décalage progressif, où l’on passe de la répétition à l’existence. (voir aussi sur le blog « E la nave va Bernard Roth » dans « opinions de lecture n° 12 : l’ouvrage de François Jullien « Vivre enfin »)

Les deux philosophes réfutent les clichés de la vieillesse comme dégradation ou comme sagesse facile, mais Quentin reste centré sur la place du vieux dans le monde, tandis que Jullien insiste sur la reprise de la vie comme nouvelle existence.


Dacécoute : une découverte majeure à la BnF

Un inédit : clé de sol, écriture, façon singulière de figurer la fin des morceaux…
la main de Mozart ?…

Le 2 février 2026, François-Pierre Goy, conservateur chargé des collections antérieures à 1800 au département de la Musique de la BnF, ouvre ce cahier de quarante-quatre pages parmi une vingtaine d’autres manuscrits anonymes qu’il examinait. Il a la surprise d’identifier une des écritures comme celle de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791).

Le manuscrit est expertisé en avril 2026 par Armin Brinzing, directeur de la Bibliotheca Mozartiana du Mozarteum de Salzbourg, qui valide l’attribution et souligne l’importance du document : une douzaine de leçons de composition données quotidiennement, de mai à juillet 1778, par Mozart à Marie-Louise Philippine de Bonnières de Guînes, harpiste et fille du duc de Guînes, lui-même flûtiste reconnu à l’époque.

Six des pièces pour flûte et harpe sont complètes et pourront enrichir le répertoire pour cette formation.

Les faits

https://www.youtube.com/watch?v=ezyZfRc4MwQ

Nicolas Tulliez, harpiste — vidéo

Cet inédit a été interprété pour la toute première fois en public le 21 juin 2026 dans la salle Ovale de la BnF Richelieu, par deux musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France :

Nicolas Tulliez, harpiste (qui révèle avoir découvert la harpe à 8 ans en voyant Harpo Marx au cinéma) et Mathilde Calderini, première flûte solo.

Des extraits de cette interprétation, enregistrée à cette occasion, ont été diffusés en avant-première mondiale dans la matinale de France Musique lundi 22 juin à partir de 8 h.

Blog de Bernard Roth — Tania de Pornichet

Tania de Pornichet