Édition climatisée d’été
Mark Twain 1835-1910
L’otium du peuple
Prologue
Un bracelet qu’elle n’aura pas volé.
Dacalu : « L’otium du peuple » de Jean Miguel Pire
À la reconquête du temps libre
Ed. Sciences Humaines 2024
Chercheur à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE), Jean-Miguel Pire est sociologue et historien.
Ses travaux portent sur le rôle des « politiques de l’esprit » — artistiques, scientifiques, culturelles, éducatives — dans l’accès à la liberté individuelle et le développement de la démocratie.
L’otium est un terme latin souvent traduit par « temps libre ».
Le negotium, qui est la négation de l’otium, renvoie quant à lui à la vie politique et aux affaires.
« Jugé indispensable par les Grecs, puis par les Romains, remis en avant par Michel Foucault et la notion de « souci de soi », l’otium, ce temps nécessaire à la réflexion sur le monde et sur soi, paraît plus actuel que jamais.
Aujourd’hui, tout s’accélère et nous agrippe dans un rythme devenu fou.
Le temps de la réflexion est le grand sacrifié de ce nouveau chaos.
Jugé avec les critères de la productivité, il passe pour un luxe inutile.
Addicts au shoot émotionnel des écrans, nous dépensons désormais sans compter notre temps de cerveau disponible.
Comment nous désintoxiquer de ce nouvel opium ?
Le Pape François rappelait (Lettre encyclique Laudato si’, §178) que « le temps est supérieur à l’espace » : plutôt que d’occuper des espaces de pouvoir ou de défendre des bastions culturels, il s’agit d’engager des processus de bien commun et de les laisser mûrir)
Loin d’être réduit, comme souvent, à l’oisiveté, le loisir pourrait ainsi se refonder sur l’otium — le « loisir fécond » que la pensée antique hissait au sommet des activités humaines. Prodigieux espace d’invention existentielle, ce temps libéré des urgences et des calculs, permettait à ses bénéficiaires la quête du for intérieur, de la sagesse, du bien commun.
Le moment semble venu de nous réapproprier cet usage émancipateur et responsable du temps libre.
Après des siècles d’oubli, il pourrait enfin devenir l’otium de tous, l’otium du peuple. »
Scoop
Selon notre envoyée spéciale dans le monde mystérieux et secret du Web, la Pink Panther PP…
Le nouveau Blog de Jean Carassus est très avancé.
Il pourrait s’intituler : « 20 ans de transition écologique de l’immobilier et du bâtiment. Vers un nouveau récit ? » …
Et être finalisé à la rentrée 2026 ….
Live and let die (suite IV) : poursuite de nos recherches d’été sur le vivant avec un détour chez Michel Serres
L’immense et regretté Michel Serres, dans « Le contrat naturel », objet d’une levée de boucliers à sa parution en 1990, proposait d’élargir le contrat social de Jean-Jacques Rousseau à notre lien à la nature et à notre lien à l’environnement.
Les deux combattants du tableau de Goya « Duel au Gourdin » en couverture de son ouvrage finiront enlisés dans le sol, il n’y aura pas de survivant, nous dit-il.
« Nous sommes à la fois :
le sujet du monde, qui est notre objet ;
et l’objet du monde, qui agit soudain comme notre sujet…
C’est pourquoi, écrit-il, le mot « environnement » est le plus faux-cul de tous les faux amis. Il dit très exactement le contraire de ce qu’il veut dire.
Il fait croire que l’homme est au centre et que tout le reste est autour, comme un décor de théâtre ou d’Opéra….
Voilà déjà l’homme maître, et bientôt possesseur, de son environnement !
Tout l’ouvrage du « Contrat naturel » consiste à retirer l’homme de cette pseudo place centrale qui est évidemment une totale imposture.
Dans un nouvel ouvrage, « Le mal propre » paru en 2008…
Michel Serres démontre par l’éthologie que l’animal pollue pour s’approprier un territoire.
Il convoque les religions, l’agriculture, et même la sexologie, pour établir que nous faisons de même : je crache dans la soupe, non disons dans la salade, à table personne n’en prend. Moi j’en prends car je sais que ma salive est propre.
Le sale, c’est ce qui nous est propre.
C’est ce qui n’est pas partageable ni approprié par autrui.
Il se demande si, au-delà d’une certaine cupidité, nous ne polluons pas aussi la planète par volonté d’expansion et par volonté d’appropriation.
Qu’avons-nous laissé sur la lune en partant, dit-il ?
Alors ça se précise avec l’échosophie : voyons l’homme et la nature, l’homme face à la nature, l’homme dans la nature…
Cette racine « écho » dans l’écosophie vient du grec Oïkos qui signifie maison, habitat, milieu naturel, rappelait le regretté Alain Rey.
Conscient de notre flore intestinale et des milliards de bactéries qui la constituent, plutôt que de parler d’environnement, posons-nous plutôt la vraie question : elle tient en trois mots :
« Qui habite qui » ?
Dacécoute la lutte des classes à travers : « Le piano du pauvre » par Léo Ferré 1954
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Écouter « Le piano du pauvre » de Léo Ferré
En avril 1954, Léo Ferré enregistre, avec le pianiste Jean Cardon et quelques autres musiciens, la version studio définitive de cette chanson, pour sa maison de disques Odéon, ainsi que « À la Seine », premier texte de Jean-Roger Caussimon mis en musique par Ferré, à son arrivée à Paris fin 1946.
« Le Piano du pauvre » sera un succès, à la fois commercial et critique (la chanson remporte le Grand prix de l’Académie du Disque Français 1954), qui ouvrira à Ferré les portes de l’Olympia en 1955.
Ferré l’interprètera sur scène lors de son premier passage à l’Olympia de Paris en mai 1954, en première partie de Joséphine Baker, puis lors de son passage en vedette dans ce même music-hall en mars 1955. Après les années 1950, c’est une chanson qu’il n’interprétera plus du tout.
Elle sera reprise par Catherine Sauvage, Patachou, puis par Germaine Montero, Marc Ogeret ou encore Philippe Léotard.
Blog de Bernard Roth — Tania de Pornichet

