Bernard Roth

Infolettre

Petit papier n°40

9 octobre 2026 · Dacadi Hebdo n°153

Le cylindre, la sphère et la barre

Bernard Roth Tania de Pornichet

Avocat : Une personne qui rédige un document de 10.000 mots et l'intitule "sommaire"

— Franz Kafka

Prologue

De la P.P. notre envoyée spéciale qui quitte rarement son bureau, et, a probablement, comme souvent, tout inventé. 

Toute ressemblance avec une direction existante serait fortuite… ou presque.

Saint-Clou-sur-Dalle. 

La SDIIDPC, Sous-Direction de l'Instruction des Instructions des Demandes de Permis de Construire, a terminé d'instruire la candidature de M.  Cézanne, Paul, peintre de bâtiments, domicilié à Aix-la-Rappelle.

Il s'agit d'un pli de quatre pages, daté du 15 avril 1904, arrivé hier par erreur au service Programmation. Le pli a été enregistré comme une S-Kiss..

Les conclusions de la commission technique :

  • Le cylindre est accepté, sous réserve d'une étude de marchabilité.
  • La sphère est renvoyée au bilan carbone. On ne sait toujours pas par où on y entre.
  • Le cône n'est pas conforme à la notice accessibilité. Une pente de 100 %, même en perspective, reste une pente de 100 %.
  • « Le tout mis en perspective » : la commission demande la perspective en trois exemplaires, au format A3, avec des arbres et des personnages souriants.

Le candidat est prié de compléter son dossier avant le 30 octobre : 

- d'une part : 

*  attestation d'assurance décennale, 

* Kbis, 

* formulaire Cerfa 51434, 

* plans de situation des objets, 

* plans de façades et de toiture  

* pièces graphiques  

* descriptif 

* attestations règlementaires ( RE 2020, sismique, SPANC) 

- d'autre part : 

* Permis de Construire, 

* certificat de conformité  

* avis conforme de l'ABF 

de la montagne Sainte-Victoire (en chantant).

Joint au téléphone, le sous-directeur-adjoint confie qu'il reste confiant : « Le projet a du potentiel. Il manque juste un programme, un budget et un terrain. 

Pour le reste, c'est très abouti. »

M. Cézanne Paul n'a pas répondu. La commission a noté qu'il semblerait « injoignable depuis 1906 »…


Le cylindre, la sphère et la barre

Deux dépêches sont tombées dans la même semaine.

 Le 23 septembre 2026, le Grand Palais a ouvert « Cézanne et nous » (et les autres…).
Le 24 septembre 2026, Marina Vlady s'est éteinte, à 88 ans.

Paul Cézanne 1881 La rue tournante

Au revoir Marina...

Elles n'ont aucun rapport entre elles. 

Sauf, pour Dacadi, un film....


I.Le décor, et celle qui l'habitait

8 août 1966, La Courneuve.

Jean-Luc Godard installe sa caméra au pied de la cité des 4000. 

Le tournage se termine le 8 septembre, et quelques plans sont tournés Porte de la Chapelle.
À l'époque, la cité est encore un chantier.

Le scénario s'inspire de la nouvelle de Guy de Maupassant "le Signe", parue dans  Gil Blas en 1886, actualisée d'un article de journal du Le Nouvel Observateur du 23 mars 1966, où Catherine Vimenet publie « Les étoiles filantes », une enquête sur de jeunes mères des grands ensembles neufs qui se prostituent de temps en temps pour boucler les fins de mois. 

Le titre joue sur un double sens. 

« Elle », c'est Juliette Jeanson, mère de famille dans le grand ensemble. « Elle », c'est aussi la région parisienne, que le film désigne explicitement comme son vrai sujet.
Dans le rôle de Marianne, une débutante de dix-neuf ans : Anny Duperey.

Les étoiles filantes....

On prête à Godard une consigne de tournage : « Au lieu de prendre un taxi pour venir au tournage, tu n'as qu'à venir à pied… Je voulais qu'elle pense à ce qu'elle disait, tout bêtement. » 
Le cinéaste qui filme les barres  commence donc par retirer la voiture à son actrice principale…

Marina Vlady a raconté elle-même dans ses mémoires qu'elle avait refusé la demande en mariage de Godard juste avant le tournage. 

Il ne lui a plus parlé directement : ses indications passaient par son assistant et son chef opérateur, au micro et à l'oreillette.
Le film est dirigé à distance.

Rembobinons…

Elle naît Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff, à Clichy, le 10 mai 1938. Son père, Vladimir, est chanteur d'opéra. 

Sa mère, Militsa Envald, est première danseuse. 

Tous deux sont des émigrés russes.
Les quatre filles deviennent actrices, les soeurs Poliakoff, avec quatre noms qui commencent par V : Odile Versois, Hélène Vallier, Olga Varen, Marina Vlady. 

Le V vaudrait pour « Victoire », et « Vlady » pour Vladimir, le prénom du père 

Ensuite, une filmographie qui traverse le siècle :

  • Premier film à dix ans, Orage d'été (1949).
  • Prix Suzanne-Bianchetti 1954 pour Avant le déluge, d'André Cayatte.
  • La Princesse de Clèves (1961), de Jean Delannoy, sur un scénario de Jean Cocteau.
  • Prix d'interprétation à Cannes en 1963 pour Le Lit conjugal, de Marco Ferreri.
  • Orson Welles, Falstaff (1965).
  • Godard, à La Courneuve, en 1966.
  • Jean Yanne, Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (1972). Sa chanson est déjà passée par nos colonnes.
  • Tavernier, Que la fête commence… (1975).
  • Scola, Splendor (1989), où elle joue l'ouvreuse Chantal face à Mastroianni.

1965 Falstaff d' Orson Welles

Elle a eu trois maris : Robert Hossein, puis Vladimir Vyssotski de 1970 à 1980, puis le Professeur Léon Schwartzenberg. 

Elle a publié treize livres et joué une vingtaine de pièces.

1963 Le lit conjugal de Marco Ferreri

1989 Splendor d'Ettore Scola

Château de Chambord en 1961, mail de La Courneuve en 1966 : cinq ans séparent la princesse de la locataire.
Elle a su être les deux.

ARTE propose ces jours-ci Marina Vlady, une actrice dans la guerre froide, d'Aude Vassallo, un excellent documentaire que Dacadi vous invite à prendre le temps (1h07) de regarder ici .

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Sources : Wikipédia, « Deux ou trois choses que je sais d'elle » et « Marina Vlady » ; AFP / CNews, 24 septembre 2026 ; Meduza, 25 septembre 2026 ; ciné-club de Caen.


II.Qui a dessiné le décor ?

15 avril 1904, Aix-en-Provence.
Paul Cézanne a 65 ans. 

Il écrit au jeune Émile Bernard la phrase que tout étudiant en architecture a entendue un jour : « Traiter la nature par le cylindre, la sphère, le cone… »

C'est une phrase de peintre. 

Elle parle du regard, pas de la matière.

La suite de la lettre le confirme : « Les lignes parallèles à l'horizon donnent l'étendue […] Les lignes perpendiculaires à cet horizon donnent la profondeur. »
L'original, quatre pages à l'encre, est conservé à la Courtauld Gallery de Londres.

L'année suivante, Cézanne précise sa pensée à Roger Marx : « Dans ma pensée on ne se substitue pas au passé, on y ajoute seulement un nouveau chaînon. »

Le chaînon suivant est un manifeste de peintres. 

En 1918, Amédée Ozenfant et Charles-Édouard Jeanneret publient Après le cubisme et fondent le purisme.

En 1923, Jeanneret, devenu Le Corbusier, écrit dans Vers une architecture : « Les cubes, les cônes, les sphères, les cylindres ou les pyramides sont les grandes formes primaires que la lumière révèle bien. » 

1923

 Trente ans plus tard, à La Courneuve, les grues s'installent sur leur chemin… et la sphère a disparu en route : reste surtout le parallélépipède.

NDLR : ce qui précède est une filiation d'idées, pas une preuve. Scientifiquement, aucun document ne relie clairement la lettre d'Aix au quartier des 4.000 de La Courneuve. 

C'est un collage sousréaliste et dacadien que nous posons avec d'infinies précautions.

L'épais dossier du maître d'ouvrage

  • Maîtrise d'ouvrage : Ville de Paris ; gestion par l'Office public d'HLM de la Ville de Paris.
  • Architectes : Clément Tambuté et Henri Delacroix.
  • Chantier : ouvert en mars 1956, plus de dix ans de travaux.
  • Programme : 4 000 logements, une tour de 26 étages, des barres de quinze étages.

On a baptisé les barres : Renoir, Debussy, Ravel, Balzac, Fontenay et Robespierre.
Autrement dit : un peintre, deux musiciens, un romancier,  et un révolutionnaire.
Les artistes trônent sur les pignons des façades. 

Cézanne est-il resté dans les fondations ?…

Mais regardons plutôt ce que Godard ne filme pas.

1954, recensement : environ un logement français sur dix dispose d'une baignoire ou d'une douche, un sur quatre d'un WC intérieur, et plus de quatre sur dix n'ont pas l'eau courante 
Au moment où l'on dessine les 4000, neuf familles sur dix se lavent donc sans salle de bains.

Aux 4000, on trouve WC, salle de bains, chauffage central, ascenseur et vide-ordures, un confort « jusque-là réservé aux plus aisés », note le comité départemental du tourisme.

Le défaut est ailleurs. 

Il tient au programme et au calendrier, pas à la morale : les logements arrivent d'abord, les équipements beaucoup plus tard.

Et personne ne s'est occupé du sol. 

Terrains vagues, chantiers, traversées impossibles : c'est précisément ce que cadre Godard.

1984 : Paris transfère la cité à La Courneuve. Paris avait construit ses logements sociaux hors de Paris ; il en confie désormais la gestion à la ville qui les accueille.

Sources : lettre de Cézanne à Émile Bernard, 15 avril 1904, Courtauld Gallery, MS.1932.SC.1.1 ; John Rewald, Paul Cezanne, correspondance, Grasset, 1978, p. 311-312 ; Le Corbusier, Vers une architecture, Crès, 1923 ; Wikipédia, « Cité des 4000 » ; Tourisme 93 ; Architecture 50, « Sarcelles, une ville en train de naître ».


Dacanecdote : 13 heures, huit secondes

18 février 1986, vers 13 heures.
Devant la barre Debussy sont réunis les habitants, les caméras de FR3 et le ministre du Logement, Jean Auroux.

"Boum, quand notre coeur fait Boum" Charles Trénet

La barre mesure 185 mètres de long, presque deux terrains de football bout à bout ( ! ), et compte 300 logements.
On utilise 600 kilos d'explosifs.
L'immeuble s'effondre sur lui-même en huit secondes.

C'est une première européenne pour un immeuble de ce type, selon la fiche départementale.
On avait déjà dynamité des cheminées d'usine. Ce jour-là, la démolition d'un immeuble de logements devient un événement public.

Huit secondes pour défaire un chantier de dix ans…

Sources : Tourisme 93, fiche « Le quartier de l'Orme-Seul » ; INA, France Régions 3 Paris, 18 février 1986 


III.Ce que les grands ensembles ont réussi, et ce qu'on en fait

Une contre-enquête s'impose, en direction de Sarcelles-Lochères.

  • Maîtrise d'ouvrage : la SCIC, Société centrale immobilière de la Caisse des dépôts.
  • Architectes : Roger Boileau et Jacques Henri-Labourdette.
  • Calendrier : 1954-1976.

Le programme initial prévoyait 440 logements. 

A l'achèvement :  12 368.
Les barres de deux à cinq étages alternent avec les tours de douze à quinze étages, autour d'espaces verts. 

Le béton est industrialisé, et certaines façades sont parées de pierre de Saint-Maximin.
La cité est organisée en quartiers d'environ mille logements, chacun avec son école et ses commerces 
C'est une idée d'urbanisme, pas seulement une masse de béton.

2 décembre 1960. Cinq colonnes à la une diffuse « Quarante mille voisins », de Jacques Krier, avec les interviews de Pierre Tchernia.
L'hélicoptère survole les barres posées dans les champs. 

Puis les locataires expliquent pourquoi ils sont venus, et se plaignent du loyer, du bruit et du manque de commerces.
Six ans avant Godard, la télévision avait déjà tourné son plan aérien.

En 1962, le mot « sarcellite » apparaît. Il désigne la maladie des grands ensembles.
Le 16 décembre 2008, l'État décerne au même grand ensemble le label « Patrimoine du XXe siècle ».
Le malade est devenu un monument.

Entre les deux, il y a la voix de l'historienne Annie Fourcaut, sans indignation : « Ils permettent de résoudre la crise du logement. » 

Et encore : « Les technocrates des grands ensembles sont lucides sur les limites de ceux-ci. »

Il y a également le prix Abella 2026 de l'Académie des Beaux-arts, Francis Soler ( voir Dacadi Hebdo n°151 NDLR ) qui y a vécu quelques années et qui témoigne pour Dacadi : 

"C'était le temps des Plans d'urgence, apportant le progrès , des appartements aux plans biens composés, à portée de populations de mal logés et de rapatriés, renouant avec la dignité. On y vivait heureux à une époque où le communautarisme n'y était pas encore enraciné. 

J'y découvris ce qu'un espace urbain pouvait signifier de contentement ou de désespoir. J' y comprendrai plus tard que l'architecture y était distinctive, mais baclée " 

En 1973, le vent politique se retourne contre cette politique. 

Le 21 mars, la circulaire signée par Olivier Guichard, Ministre de l'Equipement de 1972 à 1974, (et Maire de La Baule de 1971 à 1995. NDLR ) traite des « formes d'urbanisation dites "grands ensembles" » et de « la lutte contre la ségrégation sociale par l'habitat ».
Elle interdit les ensembles de plus de 500 logements et plafonne les opérations à 1 000 ou 2 000 logements selon la taille de l'agglomération 
Les opérations géantes s'arrêtent là.

À La Courneuve, on démolit : Debussy en 1986, Renoir en 2000, Ravel  en 2004, Balzac en 2011, Robespierre en 2020 .
Le mail de Fontenay, quinze étages, à deux mètres près la hauteur de la tour Saint-Jacques , doit tomber en 2028.
Il aura fallu quarante ans de rénovation urbaine pour défaire dix ans de chantier.

Avant la dernière démolition, la ville a voulu recueillir les souvenirs. Le projet s'appelle « 4.000 vies » : quinze habitants filmés par les historiens de l'Amulop, et un rapport de 80 pages signé Muriel Cohen et Sébastien Radouan.
Samira Alitouche, habitante, y dit : « Y'a un truc, c'est bizarre ce lien qu'on a avec ce bâtiment. » Et elle ajoute : « C'est important qu'on laisse une trace. »

On démolit les barres, mais ni les attaches, ni les souvenirs de ceux qui y ont vécu.

L'anachronisme moral, appelé par les historiens "présentisme", qui consiste à juger un phénomène passé avec les critères d'aujourd'hui est fréquent.

Meilleur contre-poison : le contexte, en l'espèce : le relogement des habitants de bidonville ( Nanterre à la Défense ), les effets du Baby-boom, et les rapatriés d'Algérie.

Il existe d'ailleurs d'assez brillants exemples de grands ensembles réussis et ayant conservé une population heureuse. Citons deux exemples franciliens :

- "Les Grandes Terres" à Marly le Roi ( architectes : Marcel Lods et Eugène Beaudoin )

- "Le Point du jour à Boulogne- Billancourt" de Fernand Pouillon

1962. Les Grandes Terres Marly le roi Eugène Lods

  92 Boulogne

1963 Le Point du Jour. Fernand Pouillon

Belmondo et Hossein " Le Professionnel" Cour des longs prés au Point du jour

Dacanecdote 

Au Point-du-Jour, une trame de façade de 3 m 40 se divise en 4 éléments de 85 cm selon l’orientation et la fonction des pièces.

C’est une adaptation du rationalisme constructif mis en œuvre à une échelle comparable au Havre par Auguste Perret.

Et Cézanne, dans tout ça ?…

Au Grand Palais, jusqu'au 17 janvier 2027, on peut voir 174 œuvres : 69 de lui, et 105 signées par 78 autres artistes.
Soixante-dix-huit continuateurs officiellement recensés, pour un peintre mort seul à Aix en 1906.
Picasso l'aurait appelé « notre père à tous » 

À La Courneuve, Code-Barres : Renoir, Debussy, Ravel et Balzac sont tombés l'un après l'autre.
Cézanne n'a jamais eu sa barre : il avait déjà fourni les formes…

Sources : notice Mérimée EA95000004, plateforme POP du ministère de la Culture ; INA, « Quarante mille voisins », 2 décembre 1960 ; Annie Fourcaut, entretien, site de l'ANRU ; circulaire du 21 mars 1973, Légifrance, JORFTEXT000000661400 ; franceinfo, « 21 mars 1973 : fin de la construction de grands ensembles » ; AFP / France 24, 17 juin 2025 ; GrandPalaisRmn, dossier de presse « Cezanne et nous ».


Dacécoute : « La complainte du progrès (Les Arts ménagers) », paroles de Boris Vian, musique d'Alain Goraguer, 1956

La chanson est déposée à la Sacem le 10 janvier 1955 et enregistrée par Vian lui-même avec Jimmy Walter et son ensemble, sur un disque sorti fin 1955 ou début 1956. Vian avait rencontré Goraguer en 1954.

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En 1956, Philips s'en sert pour présenter ses nouveaux appareils au Salon des arts ménagers, du 23 février au 18 mars.

Une satire de la société de consommation mise au service d'un vendeur de frigidaires : Vian en a sans doute ri le premier.

Non, ce n'est pas le sosie d'un Président de la République française

Autrefois, on faisait sa cour avec des mots doux. Désormais, on promet à sa belle « un frigidaire, un joli scooter, un atomixer », puis « une tourniquette pour faire la vinaigrette »… Et quand la dispute éclate, la sentence tombe : « Ah, Gudule ! Excuse-toi ou je reprends tout ça. »

Deuxième collage :  le lien malicieux ? 

La date. 

En 1956, l'année de la chanson, s'ouvre le chantier des 4000. Le salon des Arts ménagers promet aux familles le vide-ordures, le chauffage central et la salle de bains, et La Courneuve les leur livre.

Trente ans plus tard, on reprendra tout ça… au plastic.

Sources : annabac.com, « La Complainte du progrès, Boris Vian (1956) » ; bibliotheques.paris.fr ; Aguttes, lot 226, partition originale.

DACABONUS : visitez l'appartement musée de Boris Vian, mitoyen de celui de Jacques Prévert, Cité Véron...

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Blog de Bernard Roth — Tania de Pornichet

Tania de Pornichet