Il y a 56 ans paraissait l'ouvrage « Le choc du futur » d'Alvin Toffler. J'avais 24 ans et ce qu'il contenait a constitué une de mes grilles de lecture des années suivantes, jusqu'à aujourd'hui où il introduit mon Blog.
Il analyse le stress et la désorientation ressentis par l'individu face à des changements trop nombreux et trop rapides, que les « ingénieurs du chaos » systématiseront plus tard en « sidération » — pas le temps de prendre du recul qu'une nouvelle surprise se révèle et ainsi de suite…
Contexte : 1970
C'est le gouvernement de Jacques Chaban-Delmas, l'entrée en application du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (Richard Nixon et Léonid Brejnev), l'époque de l'émergence du jean, des cheveux longs (les idées courtes sont plus anciennes), du psychédélique, de « Love and Peace », des pantalons « pattes d'éléphant », du développement des clubs de vacances, des supermarchés, du lancement de la Citroën GS, de « L'aveu » de Konstantinos Costa-Gavras, du « Cercle rouge » de Jean-Pierre Melville, de la séparation des Beatles, de la création d'Airbus, de la mort du général de Gaulle et de Bourvil, de la naissance de Matt Damon et d'Édouard Philippe…
Thèmes de l'ouvrage
L'accélération des mutations, liée au progrès technologique et à l'évolution sociale, dépasse la capacité d'adaptation humaine. Elle engendre des sentiments d'anxiété, de paralysie décisionnelle et d'isolement, parfois de vertige.
A. Toffler distingue trois vagues de transformation :
- la révolution agricole
- la révolution industrielle
- la société post-industrielle, caractérisée par l'accélération exponentielle du rythme des innovations — notamment dans les technologies de l'information, la biotechnologie et la communication.
Ce changement s'opère à une vitesse sans précédent, affectant simultanément tous les aspects de la vie individuelle et sociale. Les structures traditionnelles deviennent temporaires et flexibles. L'emploi stable disparaît au profit de contrats temporaires et de travail indépendant. Les relations personnelles et familiales se dévaluent. L'éducation évolue vers des apprentissages continus.
Il en résulte un syndrome de surcharge : l'homme est submergé par une quantité d'informations rendant difficile la prise de décision, provoquant fatigue et stress. Les individus et les organisations doivent apprendre à s'adapter constamment aux innovations et à gérer l'obsolescence rapide des connaissances. Il anticipe déjà les sous-traitances, l'ubérisation, les services temporaires et la société du jetable. Plus rien ne pèse, place à la Force.
« Arrêtez, je veux descendre » — Woody Allen
C'est face à cette analyse prémonitoire des conséquences psychologiques, sociales et économiques d'une évolution littéralement sidérante que ce blog propose de partager nos regards et nos réflexions.