Bernard Roth

Infolettre

Petit papier n°18

11 juillet 2026 · Dacadi Hebdo n°138

La « République islamique du Japon »

Bernard Roth Tania de Pornichet

Bien que nos renseignements soient faux, nous ne les garantissons toujours pas

— Erik Satie
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La « République islamique du Japon »

Donald Trump s’exprimait mercredi 8 juillet depuis Ankara aux côtés de Volodymyr Zelensky en marge de la séance plénière du sommet de l’Otan.

Vantant le système de défense Patriot, qui est l’un « des meilleurs au monde », il a tenu à rappeler qu’« il y a quelques mois, il y a eu 111 missiles tirés par la République islamique du Japon. »

Fin mai 2026, lors d’un conseil des ministres à la Maison Blanche, il avait menacé de « pulvériser » Oman, un pays pourtant allié des États-Unis et médiateur dans le conflit avec Téhéran. Lors de cette même réunion, il s’était également mélangé entre l’Iran… et le Venezuela.

Lien Web : 20minutes.fr


Prologue I

Mel Brooks fête ses 100 ans

L’American Film Institute (AFI) a officiellement modifié le classement de sa célèbre liste des 100 meilleures comédies de tous les temps et désigné la parodie de western de 1974 de Mel Brooks, Blazing Saddles (Le Shérif est en prison), comme « le film le plus drôle de tous les temps », passant de la 6e à la 1re place du classement « 100 Years…100 Laughs » de l’AFI, où il remplace le film de Billy Wilder Some Like It Hot (Certains l’aiment chaud).

Son style mêle vulgarité, absurdité, ironie sociale et références juives, avec une forme de comédie « outrancière » élevée à un haut niveau. Il a gagné les quatre grands prix américains : Oscar, Emmy, Grammy et Tony.

Brooks, qui a eu 100 ans dimanche 28 juin, est le seul cinéaste à placer trois films dans le Top 15 : The Producers (1968) occupe la 11e place et Young Frankenstein (1974) la 13e.

Les principaux personnages originaux de La Folle Histoire de l’espace (Spaceballs, 1987) devraient revenir dans Spaceballs 2 (Spaceballs : The New One) :

  • Yaourt (Yogourt)
  • Le président Esbrouffe (President Skroob)
  • Lord Casque Noir
  • Le capitaine Yop Solo
  • La reine Vespa
  • Le colonel Sandurz
  • L’opérateur Radar

Le tournage débute en 2025 ; fin des prises de vues début décembre 2025 ; sortie prévue en 2027, 38 ans après Spaceballs.

Teaser : Spaceballs 2, le teaser


Prologue II

Cette Bugatti Royale aussi fête ses 100 ans…

Bugatti, c’est une famille…

Carlo Bugatti, le grand-père (1856-1940) ébéniste, crée de fabuleuses pièces uniques.

À l’Exposition de Turin en 1902, Carlo Bugatti fait sensation avec son salon Escargot.

© GrandPalaisRmn (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Rembrandt Bugatti (1884-1916), son fils, frère cadet d’Ettore, est reconnu comme l’un des plus grands sculpteurs animaliers du début du XXe siècle, ami d’Apollinaire et de Picasso.

Parmi ses nombreuses sculptures, l’éléphant dressé est l’une des plus emblématiques. C’est cette sculpture que son frère Ettore choisit pour orner le bouchon de radiateur de la Bugatti Type 41 Royale, lancée dans les années 1920, une célèbre Mascotte vendue aux enchères…

  • Christie’s Paris, 22 octobre 2019, lot n°12 : « Éléphant dressé », bronze signé, fondeur Hébrard, adjugé à 1 391 000 €.
  • Sotheby’s Londres, 4 février 2015, lot n°45 : « Éléphant de la Royale », bronze, adjugé 1 125 000 £.
  • Artcurial, Paris, 18 mars 2021, lot n°67 : « Éléphant Bugatti », édition posthume, vendu 245 000 €.

Ettore Bugatti (1881-1947) est un des fondateurs de l’industrie automobile de luxe et de compétition avec les automobiles Bugatti en Alsace. Père de Jean Bugatti (1909-1939) et de Roland Bugatti (1922-1977) qui l’accompagnent dans ses entreprises, il est considéré comme un des pionniers de l’automobile.

Son entreprise, créée après avoir collaboré avec Mathis et Peugeot, demeure la plus élitiste de l’histoire. Bugatti vend à des prix décalés et place la perfection technique au-delà de tout, et même du progrès. Ettore dessine des moteurs comme d’autres peignent. S’il est content, pas question de retouches.

Bugatti Royale 41-E : version Coupé Napoléon

Le premier prototype roule dès la fin 1926, voici bientôt cent ans. La voiture est commercialisée en 1927, avec un 12,7 l, au prix stratosphérique de 600 000 F, soit trois fois celui d’une Rolls-Royce…

Avec cette Bugatti Royale, Ettore Bugatti va au bout de ses rêves en appliquant son célèbre adage personnel :

« Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher », pour sa richissime clientèle d’élite internationale.

6,4 m de long, trois tonnes, des performances exceptionnelles comparables à celles des voitures de course les plus abouties de l’époque. Très silencieux, le moteur, avec trois soupapes par cylindre, double allumage, arbre à cames en tête et une cylindrée exceptionnelle de 12,7 L, consomme jusqu’à 50 litres aux 100 km, et permet probablement plus de 200 km/h de vitesse de pointe.

En fait, les Bugatti Royale n’étaient exceptionnelles que parce qu’hors-normes dans leur gigantisme, mais elles étaient lourdes, pataudes, bruyantes, peu performantes… En conduite, elles étaient désastreuses, inconfortables, avec une tenue de route épouvantable… et une consommation hallucinante.

Gatsbyonline

Malgré la garantie à vie, la Royale ne se vendra pas. Six exemplaires seront construits. Ettore, faute d’acheteurs, en usera quatre.

Puis le moteur sera recyclé sur un autorail Bugatti qui battra le record du monde de vitesse sur rail et sera fabriqué à 88 exemplaires.

Lien web : dailymotion.com


Live and let die (suite III) : poursuite de nos recherches sur le vivant

Chris Younès

« Établir des synergies régénératrices »

Philosophe, professeure à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette et à l’École spéciale d’architecture (et fidèle dacadienne depuis 136 numéros), elle a fondé le laboratoire Groupe d’Études et de Recherche Philosophie, Architecture et Urbain GERPHAU, avec notamment Éric Daniel Lacombe et Xavier Bonnaud et le réseau international PhiLAU. Médaille d’argent de la formation Académie d’architecture en 2005, elle est chevalier de la Légion d’honneur en 2014, cofondatrice et membre d’ARENA (Architectural Research Network) et de la revue L’esprit des villes. Au travers de ses publications et recherches, elle crée des ponts entre architecture et philosophie pour aborder la question de l’habiter et des relations entre nature et artefact.

Lien web : Travaux — GERPHAU

Lien web : philau.archi.fr

Chris Younès propose :

  • Une philosophie des milieux habités où urbain et architecture sont pensés comme des lieux de co‑construction entre nature et artefact (objets construits), au cœur de l’expérience « d’être‑au‑monde ».
  • Une articulation : « éthique, esthétique et politique » pour transformer les milieux urbains, en concevant l’habiter comme une régénération existentielle et une métamorphose des rapports entre individus et territoires.
  • La mise en œuvre de « synergies régénératrices » pour que « construire » ne rime plus avec « détruire ».
  • Une écologie existentielle qui, dépassant le dualisme nature‑culture, appelle à prendre soin des conditions d’habitabilité de la Terre et à transformer les milieux vivants.

Il s’agit d’apprendre à collaborer, de respecter les dynamiques de la nature et de rechercher une nouvelle forme d’harmonie, non seulement esthétique mais aussi éthique et politique, afin d’améliorer la fabrique des milieux habités.

Lien web : Régénérer par le projet — STREAM

Cette approche rejoint les travaux qu’elle mène avec Roberto D’Arienzo au laboratoire Gerphau sur le métabolisme urbain pour révéler les possibilités latentes des villes et imaginer leur transition écologique.

Elle a signé notamment Architectures de l’existence. Éthique. Esthétique. Politique (Hermann, 2018) et codirigé Prendre soin. Architecture et philosophie (Infolio, 2024).

Ses travaux ont contribué à rephilosopher l’architecture, à intégrer la dimension écologique et existentielle de l’urbain, et à légitimer l’habiter comme lieu central de la théorie architecturale contemporaine.

La beauté d’une ville, Chris Younès, Régénérer Paris.

Lien Web : dailymotion.com


Dacécoute « Le cimetière des éléphants » (1982), chanson écrite et chantée par Eddy Mitchell, à 40 ans, pour sa femme, Muriel Bailleul, sur une musique de Pierre Papadiamandis.

Dernier album Barclay de Monsieur Eddy.

Lien Web : Le cimetière des éléphants — vidéo

Blog de Bernard Roth — Tania de Pornichet

Tania de Pornichet