Dacamails
Les dacadiens commentent.
Dacadi publie.
Un illustre dacadien nous écrit :
Dacadi a écrit : « Marc Andreessen… publie un « Manifeste techno-optimiste ». Parmi ses cinquante-six « saints patrons » figurent Adam Smith, Nietzsche, John Galt (qui n'existe pas)… »
Notre dacadien précise : « Mais si, John Galt « existe » !… Dans le roman « Atlas Shrugged » d'Ayn Rand…/… La question « Qui est John Galt ? » est une question mythique qui va au-delà du simple personnage.
Un roman publié en 1957, immense best-seller, vendu à plus de 10 millions d'exemplaires à travers le monde… mais ce n'est qu'en 2011 que les Belles Lettres l'ont traduit et publié… (titre français : La Grève)
… Selon une étude de la Bibliothèque du Congrès américain menée dans les années 1990, il est considéré comme le deuxième livre le plus influent pour les lecteurs américains, juste après la Bible.
Environ 8 % des Américains l'auraient lu. »
Un autre, tout aussi éminent, dacadien nous précise (extraits) :
« Intéressant, le rapprochement fait par Vance dans son Panthéon personnel entre saint Augustin et René Girard.
René Girard, un des plus puissants penseurs du XXe siècle, est célébrissime dans le monde entier, sauf en France où il est insuffisamment connu.
Repéré par les autorités culturelles américaines dès sa prime jeunesse, après la publication de sa thèse de doctorat ès lettres « Mensonge romantique et vérité romanesque », l'université de Stanford l'accueille en lui taillant une chaire sur mesure.
Il y a là un autre jeune frenchie prometteur, Michel Serres.
L'œuvre la plus connue de René Girard est effectivement « Le Bouc émissaire ». Il y pose la première pierre de ce qui deviendra son immense apport : la démonstration du rôle multimillénaire de la violence dans les étapes historiques de toute communauté…
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René Girard
Photo DLR
…/… Découverte principale de René Girard : à toute période de tension d'une communauté correspond la désignation d'un bouc émissaire (l'exemple le plus facile pour illustrer ce phénomène est la désignation des Juifs comme responsables de l'épidémie de peste au Moyen Âge)…
… René Girard relève… (que)… le mythe ne donne jamais le point de vue de la victime, mais toujours et uniquement celui du bourreau. Or, et c'est là que se situe la récupération politique de René Girard par certains catholiques… un seul ne rentre pas dans sa structure d'analyse : … le récit évangélique de la Passion du Christ… exception énorme pour René Girard, qui donne la parole à la victime, à Jésus (lorsqu'il déclare en voyant ses bourreaux : « il faut leur pardonner, ils ne savent pas ce qu'ils font »)…
… Les obsèques officielles de René Girard ont eu lieu aux États-Unis, mais postérieurement un très bel hommage lui a été rendu en l'église Saint-Germain-des-Prés, animé par son grand copain (athée) Michel Serres (qui répondit à son discours de réception à l'Académie française, NDLR).
J'y étais, ce fut un long moment de beauté et d'émotions partagées…/… »
Prologue
Lundi 19 octobre 2026.
Siège de Dacadi
Conférence de rédaction
9 h 15. Ouverture de la conférence : notre P.P. Pink Panther, envoyée spéciale dans son bureau, signale avoir déniché un Bond 007 « exceptionnel, car pratiquement inconnu », des années 60.
Sur l'insistance de Tania de Pornichet, la conférence la laisse poursuivre et découvre l'existence de Neil Connery, frère cadet de l'acteur écossais Sean, né le 16 décembre 1938, huit ans après lui.
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Fils de Joseph Connery, chauffeur de camion, et d'Euphemia McBain, femme de ménage, il a exercé le métier de plâtrier pendant de nombreuses années.
Fin des années 1960 : Dario Sabatello, producteur italien, a l'idée folle de le recruter après l'avoir entendu à la radio à la suite d'un vol de son matériel, pour capitaliser sur son nom et sa ressemblance vocale avec Sean, dans un film d'espionnage parodique intitulé « Opération frère cadet » (titre original : « O.K. Connery », ou « Operation Kid Brother », ou encore « Operation Double 007 »).
Neil y incarne un chirurgien esthétique doté de talents d'hypnotiseur, qui se retrouve contraint d'aider les services secrets parce que son frère (un célèbre agent secret) est indisponible.
La production entoure Neil de plusieurs acteurs phares des vrais films de James Bond, notamment :
- Bernard Lee (le premier « M »)
- Lois Maxwell (Miss Moneypenny)
- Adolfo Celi (le méchant d'« Opération Tonnerre »)
- Daniela Bianchi (James Bond girl de « Bons baisers de Russie »)
- Anthony Dawson (âme damnée du « Docteur No »)
Musique composée par le légendaire Ennio Morricone !…
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Après ce coup d'éclat, sa carrière d'acteur tourne court.
N'ayant jamais eu l'ambition de devenir une star hollywoodienne, Neil Connery retourne à sa profession de plâtrier.
Il décède le 10 mai 2021 à l'âge de 82 ans, quelques mois après le décès de son frère Sean.
L'accueil critique d'« Opération frère cadet », redécouvert par notre P.P., a été globalement assez sévère, balançant entre la consternation face à un plagiat évident et l'amusement devant le ridicule de l'entreprise…
Neil Connery et Daniela Bianchi
Aujourd'hui, le film a acquis le statut de « nanar culte » ou de plaisir coupable pour les amateurs d'espionnage rétro, gagnant une seconde vie auprès des cinéphiles de l'absurde, « si mauvais qu'il en devient génial »…
C'est ici :
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Intégralement, 1 h 41… : https://www.youtube.com/watch?v=QJteCgJRhXc
L'univers de James Bond est l'un des plus parodiés de l'histoire du cinéma : Casino Royale (1967), Notre homme Flint (1966) et F comme Flint (1967), la série Max la Menace (Get Smart, 1965–1970), créée par Mel Brooks et Buck Henry (voir Petit Papier n° 18 du 11 juillet 2026, NDLR), la trilogie Austin Powers (1997–2002), Johnny English (2003–2018), la trilogie OSS 117 de Michel Hazanavicius puis Nicolas Bedos (2006–2021), Le Magnifique (1973), pour n'en citer que quelques-uns…
Ivan Illich
« Mon chemin a été un chemin d'amitié… »
Cité dans « Introduction à Ivan Illich » de Thierry Paquot
Le 4 septembre 2026, Ivan Illich aurait eu cent ans. Les universités l'ont fêté en mai dernier au Campus Condorcet et à l'Institut catholique de Paris.
Né à Vienne, d'un ingénieur et diplomate croate, catholique, et d'une mère juive allemande, convertie au catholicisme.
L'enfant aura bientôt trois langues maternelles, puis une dizaine d'autres !…
En 1942, face aux persécutions nazies, Ivan, ses frères et sa mère doivent fuir l'Autriche pour Florence.
Il a seize ans. Le début d'une vie d'itinérance intellectuelle.
I.Monseigneur ferme sa propre institution : tout Illich est déjà là
À Florence, il participe à la résistance italienne tout en étudiant la cristallographie et l'histologie. Ces disciplines scientifiques ont exercé une influence profonde sur sa méthode : il conservera toute sa vie une rigueur d'observation quasi microscopique pour analyser les structures sociales.
Rome, 1951 : il est ordonné prêtre.
Il dit sa première messe dans les catacombes.
On le destine à la diplomatie vaticane, où son nom, ses langues et son esprit lui promettent une belle carrière.
Il demande une paroisse.
Ce sera l'Incarnation, à Washington Heights, au nord de Manhattan, où arrivent les Portoricains de New York.
Washington Heights
MoTabChoir01. Commons CC-BY-SA
Le jeune vicaire, devenu « John Illich » (Ivan faisait trop bolchevik…), apprend l'espagnol, s'immerge dans le Barrio, organise des fêtes de rue et constate que l'Église américaine demande aux nouveaux venus de devenir irlandais pour avoir le droit d'être catholiques.
1956 : il devient vice-recteur de l'Université catholique de Ponce, à Porto Rico. Il a trente ans. Il aurait été fait monsignore à trente-trois…
1960 : il quitte l'île après un désaccord avec ses évêques, qui interdisent aux fidèles de voter pour un parti favorable au contrôle des naissances.
Pour Illich, l'Église se trompe de combat.
La véritable menace n'est pas le préservatif, mais l'atome et la déshumanisation industrielle.
« Monseigneur » ne s'aligne pas.
1961 : après avoir parcouru l'Amérique du Sud à pied et en bus, Illich fonde à Cuernavaca, au Mexique, le CIF, qui deviendra le CIDOC, Centre Interculturel de DOCumentation.
L'objet officiel est modeste : une école de langues pour les missionnaires envoyés en Amérique latine.
L'objet réel l'est moins. On y apprend l'espagnol le matin, puis l'après-midi on y doute de tout : du développement, de l'aide, de l'école et de la mission elle-même.
Le CIDOC devient le salon où passe toute l'intelligence critique du continent, voire du monde (Erich Fromm, Paul Goodman, Paulo Freire, André Gorz, Jean-Marie Domenach y séjournent).
Rome finit par s'en apercevoir.
C'est dans ce cadre qu'ont été élaborés ses ouvrages majeurs : Une société sans école (1971), La Convivialité (1973) et Némésis médicale (1975).
Le 17 juin 1968, Illich comparaît devant la Congrégation pour la doctrine de la foi. On lui remet un questionnaire de plus de quatre-vingts questions. Il refuse le serment du secret, demande les griefs par écrit et rentre à Cuernavaca.
Le 14 janvier 1969, il renonce à l'exercice public du sacerdoce. Il ne cessera jamais de se dire prêtre.
1976 : le CIDOC marche bien, trop bien. Illich le ferme lui-même, parce qu'il devenait une institution.
Fermer son école avant qu'elle ne devienne une école…
Tout le reste de l'œuvre est déjà là. Un outil rend service jusqu'à un certain seuil. Au-delà, il produit le contraire de ce qu'il promet. Et le meilleur moyen de ne pas franchir le seuil, c'est encore de savoir où il passe.
Sources : Wikipédia (notices française et anglaise, « Ivan Illich ») ; Encyclopædia Universalis ; « Les deux vies d'Ivan Illich », La Vie des idées ; dates romaines : International Journal of Illich Studies (Penn State).
II.Six kilomètres-heure
Commençons par une question de mécanicien : à quelle vitesse roule une voiture ?
Le compteur répond 90, 160.
La réglementation limite généralement à 130.
Illich répond : 6 km/h
Il démontre que la vitesse apparente des véhicules motorisés est une illusion statistique. Pour calculer la « vitesse réelle » de l'automobile, il faut prendre en compte non seulement le temps passé sur la route, mais aussi le temps de travail nécessaire pour payer le véhicule, l'essence, l'assurance, l'entretien, les impôts pour les routes et les soins liés aux accidents.
En appliquant cette méthode à l'Américain moyen des années 1970, Illich parvient à un constat stupéfiant : pour parcourir 10 000 kilomètres par an, l'Américain consacre environ 1 600 heures à sa voiture. Sa vitesse réelle est donc de 6 kilomètres par heure — celle d'un marcheur rapide.
La voiture de 1973 allait à la vitesse d'un homme en retard.
Mais, contrairement au marcheur, l'automobiliste a perdu son autonomie spatiale. Il ne peut plus vivre sans cette machine qui dévore son temps sous prétexte de lui en faire gagner. La voiture a créé la distance qu'elle seule permet ensuite de franchir, verrouillant la société dans un monopole radical.
Monsieur le kilomètre épouse Madame l'heure de travail.
Frédéric Héran, économiste des transports et urbaniste, a actualisé le calcul :
Vitesse généralisée de la voiture aujourd'hui : 23 km/h.
Les salaires ont plus augmenté que les coûts.
La voiture d'Illich roulait à six kilomètres-heure.
Sa vitesse réelle est démodée, son concept avait cinquante ans d'avance…
Il mesurait déjà la ville en pas, bien avant la ville du quart d'heure.
Sources : Ivan Illich, Énergie et équité, Seuil, 1975, rééd. Arthaud, 2018 (texte français en ligne : worldcarfree.net) ; annexe de Jean-Pierre Dupuy, ibid.
Dacapub
Pauline Detavernier, Bernard Roth et Sarah Wertheimer, qui ont écrit « Marche et démarches pour éveiller la ville ; le bal des passants », ne le démentiront pas.
Cet ouvrage sur l'histoire et l'importance de la marche dans nos sociétés, à l'échelle des politiques de la ville (aménités, trottoirs, éclairage public), de la santé publique (santé préventive, sociabilité) et de la mobilité, développe des pistes de réflexion permettant de favoriser la marche et de lui créer un environnement propice.
Éditions du Moniteur, 2026
III.La contre-productivité : quand les outils se retournent contre nous
Comme indiqué precedemment, le concept central d'Illich, celui qui innerve toute la réflexion actuelle sur la décroissance, est la contre-productivité.
Illich postule qu'au-delà d'un certain seuil critique, les outils et les institutions industriels produisent l'exact inverse de leur but affiché.
Ce processus se décompose en deux temps.
D'abord, le premier seuil, celui de l'efficacité technique réelle : la médecine réduit la mortalité, l'école alphabétise, la voiture permet de se déplacer plus vite.
Puis vient le second seuil, celui de la mutation pathologique : l'outil devient un « monopole radical » qui exclut toute alternative non industrielle et finit par générer plus de nuisances que de bénéfices.
Ce mécanisme n'est pas un accident de parcours.
Il est inscrit dans la logique même de la croissance infinie et de la professionnalisation à outrance.
L'institution finit par se prendre pour sa propre fin.
Le seuil, et ce qu'on en fait :
Illich a fait trois fois la même démonstration, sur trois institutions.
1971. Dans « Une société sans école » : au-delà d'un seuil, l'école empêche d'apprendre, parce qu'elle confond le savoir avec le diplôme.
1973. Dans « La Convivialité » : au-delà d'un seuil, l'outil asservit celui qui s'en sert.
« J'appelle conviviale une société
où l'outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité,
et non au service d'un corps de spécialistes.
Conviviale est la société où l'homme contrôle l'outil. »
1975. Dans « Némésis médicale » : au-delà d'un seuil, la médecine rend malade. Le livre s'ouvre sur une phrase sèche : « L'entreprise médicale menace la santé. » Il forge le concept d'iatrogenèse (du grec iatros, médecin, et genesis, origine) pour désigner la production de maladies par le système médical lui-même (effets secondaires des médicaments, erreurs chirurgicales, infections nosocomiales)… Pour Illich, la santé n'est pas un bien que l'on consomme, mais une « autonomie dans l'action », la capacité de s'adapter à son environnement et d'assumer sa propre finitude.
Illich a vécu ses dernières années avec une tumeur au visage qu'il refusa de faire opérer.
Il est mort à Brême le 2 décembre 2002.
Illustration sans image
Quand les avions de ligne voleront à 6 000 km/h,
New York sera à 1 h de Paris,
mais leurs aéroports respectifs seront chacun à 4 h de la ville en question.
Total : 9 h.
IV. Hugues de Saint-Victor et Ivan Illich
La rencontre entre Ivan Illich et le théologien médiéval Hugues de Saint-Victor s'incarne principalement dans l'ouvrage d'Illich intitulé « Du lisible au visible : la naissance du texte » (publié en 1991, puis repris dans le recueil « Dans la vigne du texte »).
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La lecture monastique : une activité physique et orale
Au XIIe siècle, à l'époque de Hugues de Saint-Victor, la lecture est encore indissociable de la parole et de l'écoute :
- La rumination du texte : les moines ne lisent pas en silence avec les yeux seuls. Ils murmurent, prononcent et « mâchent » les mots (un processus corporel souvent comparé à la rumination). Le livre est un support pour la voix.
- Une expérience sensorielle : lire est une activité physique qui engage l'ouïe, la gorge et la mémoire motrice. La page écrite est perçue comme une partition ou une « trace de la parole vivante ».
- L'espace de la mémoire : le texte est mémorisé pour être intégré à la vie intérieure de l'individu (la métaphore de l'arca ou du cœur comme coffre à savoir).
Le passage « du lisible au visible »
Illich situe au XIIe siècle les prémices d'une rupture majeure : la naissance du texte en tant qu'objet visuel.
- L'autonomie du texte : on passe d'une parole que l'on écoute à une structure que l'on regarde.
- Apparaissent les innovations graphiques (séparation des mots, chapitres, index) qui permettent la lecture silencieuse et rapide.
- Le livre cesse d'être le lieu d'une méditation spirituelle (la lectio divina) pour devenir un instrument de consultation, d'indexation et de travail universitaire (la scholastica).
Les conséquences sur la modernité selon Illich
Outre la dépersonnalisation du savoir et la perte de la communauté orale, Illich anticipe que le passage du visible au virtuel, du livre à l'écran, transformera le lecteur en un simple utilisateur de flux d'informations.
Progressivement, la page écrite s'est transformée en un « miroir du concept », un objet visuel destiné au regard et à l'analyse silencieuse plutôt qu'à l'écoute.
Conclusion : l'héritage d'un veilleur
Ivan Illich n'était ni un prophète de malheur, ni un utopiste déconnecté des réalités.
Son œuvre est un cri de ralliement pour tous ceux qui refusent que leur vie soit gérée par des systèmes experts et des machines dévorantes.
Sa vie, marquée par l'amitié, le dialogue et le refus des honneurs institutionnels, fut le témoignage vivant de sa philosophie.
La véritable révolution ne consiste pas à changer les propriétaires des outils de production, mais à changer la structure même de ces outils pour les rendre conviviaux.
Il nous invite à redécouvrir la liberté que procure l'autolimitation.
Dans un monde qui s'enfonce dans l'impasse de la démesure technologique et financière, le visage d'Ivan Illich — avec sa cicatrice de tumeur assumée comme une marque d'humanité — reste celui d'un veilleur qui nous rappelle que nous sommes encore capables de « modeler nos propres besoins » et de « donner sens au monde » par nos propres moyens.
La convivialité est une pratique quotidienne de résistance à la contre-productivité.
C'est le choix, à chaque instant, de privilégier l'outil qui libère sur celui qui asservit.
Dacannonce — Paraît aujourd'hui !
« Ivan Illich. Une vie d'amitiés »
Thierry Paquot
Éditions de l'Atelier
Cette biographie rhizome combine la présentation de la vie et de l'œuvre d'Ivan Illich, en l'inscrivant dans le demi-siècle qui le voit agir et réagir, en compagnie d'une pléiade d'amis sans lesquels il n'aurait pu penser ce qu'il a pensé…
Thierry Paquot est philosophe de l'urbain, ami et éditeur d'Ivan Illich, et fidèle dacadien.
Dacécoute — « La bicyclette », Yves Montand (1968)
La chanson n'aurait jamais dû exister.
Au début des années 1960, Pierre Barouh l'écrit pour une publicité qui ne verra pas le jour.
Il y met ses souvenirs d'enfant réfugié pendant la guerre à Montournais, en Vendée, où l'on allait partout à vélo, faute de mieux et pour le mieux.
Festival de Cannes, 1966 : Barouh fredonne l'air à Montand au moment du dessert. Montand veut la chanter tout de suite.
Francis Lai signe la musique, Hubert Rostaing et Jack Laurel l'orchestration, Bob Castella tient le piano.
Enregistrement en avril 1968, à quelques semaines de l'enfer des pavés.
Le titre de travail était « À bicyclette », mais Bourvil avait déjà chanté une chanson de ce nom.
Elle fut donc déposée à la SACEM sous le titre « La bicyclette ».
Illich a démontré en 1973 que la bicyclette allait au moins aussi vite que l'automobile.
Montand l'avait chanté cinq ans plus tôt, sans calcul, dans une côte de Vendée.
Source : « La Bicyclette (chanson) », Wikipédia ; « Yves Montand, La bicyclette », histoiredeschansons.com
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